SÉBASTIEN LEROY >
sebastien.leroy@nordeclair.frQuand on aime, on ne compte pas... On savait le président PS du conseil régional fou de ballon rond - « une partie de ma vie est entre les quatre tribunes de Bollaert », rappelait-il hier. On ne s'étonnera donc que peu de l'extension exceptionnelle de l'enveloppe allouée par la Région aux quatre clubs locaux (LOSC, RC Lens, VAFC et US-Boulogne-sur-Mer) qui se retrouveront dans l'élite la saison prochaine.
Une aide supplémentaire de 180 000 E par club qui porte à 510 000 E le montant versé à chaque club, notamment pour apposer le logo régional sur les maillots. Ce « coup de pouce », voté début juin, doit servir à « valoriser l'image de la région » lors des 12 derbys programmés. « Nous avons considéré qu'avoir quatre clubs à ce niveau marquait un moment privilégié de cohésion sociale », explique Daniel Percheron. Suffisant selon lui pour abonder des budgets qui s'élèvent déjà à plusieurs millions d'euros.
Après tout, « Le sport est un formidable vecteur d'image », insiste le président.

À ce titre, cette hausse de la subvention est à rapprocher des 600 000 E octroyés à Bienvenue chez les Ch'tis, ou encore des 100 000 E versés à l'organisateur du Main Square Festival d'Arras. Autrement dit, parmi les subventions de « com' » qui font débat. Des aides « inacceptables, à des spectacles privés qui n'en ont pas besoin », pour le conseiller Vert Dominique Plancke.
Comme pour couper court à la polémique, Daniel Percheron ajoute qu'« il n'est pas exclu que des conditions soient posées sur l'utilisation de cette subvention », comme la vente de places « populaires » à prix réduits. En outre, l'enveloppe a été étendue aux quatre clubs de basket féminin évoluant au plus haut niveau (10 000 E par club). Une aide exceptionnelle de 100 000 E a aussi été votée « pour aider le club de Calais qui a fait rêver toute la France et qui est aujourd'hui en difficulté ».
Peut-être aussi pour sauver de l'anonymat une équipe dont la construction du nouveau stade a été en partie prise en charge par la Région.
« 100 000 E pour Calais, 45 millions pour le grand stade, 2,5 millions de droit d'image... Les danseuses du président commencent à coûter cher », enrageait hier Dominique Plancke. Il y a déjà fort à parier que la question de l'utilisation de l'argent public aura toute sa place dans la campagne des régionales à venir.